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Carte Blanche à Tomás Saraceno ON AIR

L’exposition ON AIR est un écosystème en mouvement, accueillant une chorégraphie polyphonique entre humains et non-humains, où les œuvres révèlent les rythmes et trajectoires communs, fragiles, et éphémères qui unissent ces mondes. Organisme hybride, ON AIR se construit grâce à la myriade de présences, animées et inanimées, qui s’y rencontrent et y cohabitent. Certaines voix y sont réduites à la quiétude, alors que d’autres, d’ordinaire moins entendues, y sont magnifiées. L’exposition est imaginée comme un ensemble, dévoilant les relations entre les évènements et les sensibilités, l’indicible intimité qui unit les phénomènes cosmiques et terrestres, une réalité qui, à défaut de pouvoir être décrite, peut, peut-être, être ressentie.

 

ON AIR propose un espace et un temps qui révèlent la force des présences qui peuplent l’air, et la manière avec laquelle elles nous affectent: du dioxyde de carbone (CO2) à la poussière cosmique, des infrastructures et fréquences radio à de nouveaux couloirs de mobilité aériens. Ces histoires invisibles, qui composent la nature dont nous faisons partie, nous invitent à repenser poétiquement notre manière d’habiter le monde – et de réévaluer notre manière d’être humains.

Alors que les activités extractivistes exploitent la Terre pour en extraire des ressources et menacent d’entières écologies, ON AIR célèbre de nouvelles manières de penser notre relation avec la planète, au travers de nouveaux modes de production de la connaissance. Ceci afin de s’ouvrir aux débats et défis globaux posés par l’Anthropocene, un terme proposé pour décrire l'époque de l'histoire de la Terre dans laquelle nous vivons, et qui a débuté lorsque certaines des activités humaines ont eu un impact global significatif sur l'écosystème terrestre. C’est ainsi particulièrement au travers des activités de l’Aerocene, un projet artistique interdisciplinaire initié par Tomás Saraceno, qui cherche à réactiver un imaginaire commun afin de collaborer éthiquement avec l’atmosphère et l’environnement, que les visiteurs sont invités à s’engager collectivement dans un exercice d’harmonisation planétaire.

 

ON AIR, à l’image de la pratique de l’artiste, réunit une grande variété de collaborateurs et de collaborations, rassemblant des institutions scientifiques, des groupes de recherches, des activistes, des communautés locales, des visiteurs, des musiciens, des philosophes, des animaux non-humains, des phénomènes célestes, qui participent tous à la vie de l’exposition. Des ateliers, des concerts, des séminaires ouverts au public enrichissent régulièrement  une exposition qui transforme en permanence le Palais de Tokyo en une vaste « jam-session cosmique ».

 

Les journées « Jamming with... »

L’exposition ON AIR, qui réunit quotidiennement un chœur de voix humaines et non-humaines, accueille pendant toute sa durée des événements qui viennent l’enrichir et la métamorphoser, et particulièrement au cours des trois journées “Jamming with...”, un vendredi par mois, lors desquelles les visiteurs sont invités à prendre part à d’autres formes de conversation. À chacune de ces occasions, le 26 octobre, 23 novembre, et 14 décembre, un séminaire rassemble chercheurs, activistes et artistes au sein des espaces d’exposition, des workshops sont proposés au public ainsi que des concerts exceptionnels et inédits de « jamming with spiders » d’Alvin Lucier, Eliane Radigue et Evan Ziporyn.

 

 

Commissaire : Rebecca Lamarche-Vadel

 

 

Avec : Tegenaria domestica, Evan Ziporyn, Enoplognatha ovata, Leila W. Kinney, Robert Barry, Markus J. Buehler, Anna-Sophie Springer, Radio Galena, Argiope lobata, CO, Nephila edulis, CO2, Sasha Engelmann, Argiope bruennichi, David Haskell, Caroline A. Jones, Étienne Turpin, Julia Eckhardt, Larinioides sclopetarius, Dust mites, Badumna longinqua, Christine Rollard, Carol Robinson, Bertrand Gauguet, Ozone, Luca Cerriza, Anselm Franke, Fecenia sp, Andreas Philippopoulos-Mihalopoulos, Estelle Zhong Mengual, Theridiidae sp, PM25, Steatoda triangulosa, Eben Kirksey, Megan Prelinger, Stavros Katsanevas, Vinciane Despret, VOC, PM, Brandon LaBelle, Gravitational waves, Nephila inaurata, Linyphia triangularis, Timothy Choy, Dereck McCormack, Christina Dunbar-Hester, Jussi Parikka, Isabelle Su, Neriene clathrata, Linyphiidae sp, Zygiella x-notata, Philipp Ursprung, Milovan Farronato, Michael Marder, Holocnemus pluchei, Eratigena atrica, Éliane Radigue, Mitchell Akiyama, Black Holes, Black Carbon, Marie Thébaud-Sorger, Moon, Neriene peltata, Aerocene Explorer, Agelena labyrinthica, Porous Chondrite, Nick Shapiro, Nephila senegalensis, Whales, Peggy S. M. Hill, Alvin Lucier, Philopanella alata, Christine Southworth, Yannick Guedon, Filipa Ramos, Roland Mühlethaler, Frédérique Ait-Touati, Cyrtophora citricola, Jens Hauser, Bruno Latour, Cyclosa conica, Albert-László Barabási, Parasteatoda tepidariorum, Latrodectus geometricus, PM10, Psechrus jaegeri, Débora Switsun, Gabriele Uhl, Museo Aerosolar, Mark Wigley, Alex Jordan, Benjamin Bratton, Steatoda grossa, Anelosimus studiosus, CHO, Meteorites, Primavera de Filippi, João Ribas, Jonathan M. Ledgard.

Exposition

Du 17/10/2018 au 06/01/2019

À découvrir de midi à minuit, tous les jours sauf le mardi

#TomásSaraceno

 

Tomás Saraceno

Tomás Saraceno est né en 1973 à Tucumán en Argentine. Il vit et travaille sur et au-delà de la planète Terre.
Après avoir obtenu un master en architecture à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de la Nation Ernesto de la Carcova à Buenos Aires, Tomás Saraceno a poursuivi ses études en Europe, en étudiant les beaux-arts à la Städelschule de Francfort puis en suivant le master d’art et d’architecture de l’IUAV de Venise. Depuis, l’artiste vit et travaille à Berlin. En 2009, il a été montré à la 53ème Biennale de Venise.

Parmi ses dernières expositions personnelles majeures, peuvent être citées « Cloud cities », présentée à la Hamburger Bahnhof de Berlin en 2011, « On Space Time Foam », au HangarBicocca de Milan en 2012. La même année, l’artiste a réalisé une installation in situ de Cloud City sur le toit du Metropolitan Museum of Art à New York. Depuis 2013 le K21 Ständenhaus de Düsseldorf expose son installation aérienne In Orbit et en 2016, l’exposition « Stillness in Motion. Cloud cities » a été montrée au San Francisco Museum of Modern Art. Il a effectué une résidence au Centre National d’Études Spatiales (2014–2015), au Centre d’art, science et technologie du MIT (2012 ongoing) et à l’atelier Calder (2010), parmi d’autres. Ses oeuvres font partie des collections du MoMA, New York ; SFMOMA, San Francisco ; Walker Art Center, Minneapolis ; Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin.

Tomás Saraceno a présenté son travail pour la première fois au Palais de Tokyo en février 2015 dans l’exposition « Le Bord des Mondes », puis a proposé le séminaire Aerocene et le workshop « Museo Aerosolar », en écho à la COP21 en décembre 2015. On a retrouvé son oeuvre Du sol au soleil d’octobre 2017 à janvier 2018 dans l’exposition « Voyage d’Hiver », hors les murs du Palais de Tokyo dans les jardins du château de Versailles.

 

Coproduction design sonore

Partenaire des concerts jamming with spiders