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Réclamer la terre

« Rassembler l’écologie, le féminisme et les politiques autochtones revient à abandonner la vision eurocentrique pour adopter un regard véritablement global.1 » 

« Il y a plus d’idées sur terre qu’on ne l’imagine ; des idées à même la terre, à même les choses, à même les formes du vivant.2 »

« Aujourd’hui, les peuples autochtones ne représentent que 6% de la population mondiale mais leurs territoires abritent 80% de la biodiversité mondiale.3 » 

 

Prenant acte de la nécessité socialement et politiquement cruciale aujourd’hui de penser le monde par-delà nature et culture, l’exposition collective Réclamer la terre4  suit la trace d’artistes qui travaillent autrement la matière dite « naturelle » : bois, terre, plantes, coquillages ou minéraux sont autant de motifs ou de techniques irréductibles à leur simple matérialité. Ce sont des vecteurs culturels, historiques et politiques que ces artistes s’emploient à revitaliser dans un contexte d’urgence tant écoféministe que décoloniale, en les envisageant à la fois comme médium et comme outil.

Une sélection d’artistes, de différentes générations et origines – de l’Australie au Canada, du Brésil au Vietnam, de la Nouvelle Zélande à la Guyane en passant par le Chili ou du Pakistan à l’Iran – examinent ainsi des problématiques telles que les liens entre le corps et la terre (asinnajaq), notre relation primordiale au sol et à tout ce qu’il porte (Solange Pessoa), la disparition de certaines espèces (Abbas Akhavan), l’extractivisme (Megan Cope), la transmission de récits et savoirs autochtones (Judy Watson), le glanage et la collecte (Kate Newby), ou encore la justice sociale et la guérison collective (Tabita Rezaire)...

Réclamer la terre, c’est mettre au jour des ramifications nouvelles pour des artistes qui nous aident à penser et ressentir une nature chargée, intensifiée. Il s’agit de fouiller la terre au sens propre comme au sens figuré, de transformer des racines souterraines en racines aériennes, de (re)mettre en avant des récits oubliés, réduits au silence, ou même à inventer. S’éloignant d’une vision occidentalo-centrée, les artistes de l’exposition développent de nouvelles connexions avec la nature, le vivant ou l’environnement. Les actions de ces artistes forment un assemblage complexe de pratiques et d’échelles de relation : à la terre, aux ancêtres, à la vie humaine et non humaine, ainsi qu’à la culture visuelle. Il s’agit d’évoquer notamment un rapport au territoire, des cultures autochtones engagées, mais aussi des recherches sociales, culturelles ou spirituelles, témoignant de la résurgence de savoirs : savoir-penser, savoir-faire mais surtout savoir-être au monde.

 

Avec :

Abbas Akhavan, asinnajaq, Huma Bhabha, Sebastián Calfuqueo Aliste, Megan Cope, Dale Harding, Karrabing Film Collective, Kate Newby, Solange Pessoa, Tabita Rezaire, Thu Van Tran, Judy Watson…

 

Commissaire : Daria de Beauvais

Conseiller·e·s scientifiques: Léuli Eshrāghi, Ariel Salleh

 

L’exposition collective Réclamer la terre sera accompagnée d’une programmation de la parole et d’une publication.

Dans le cadre d’Australia now France 2021-2022, une initiative du gouvernement australien célébrant l'excellence créative, la diversité et l'innovation australiennes.

 

 

1 Ariel Salleh, Ecofeminism as Politics: Nature, Marx and the Postmodern, Zed Books, 2017 (première édition 1997)

2 Marielle Macé, Nos cabanes, Verdier, 2019

3 Valérie Cabanes, « Reconnaître à la nature des droits intangibles et inaliénables », in Demain la terre, hors-série Libération, 2020

4 Titre inspiré par le premier recueil de textes écoféministes, Reclaim the Earth: Women Speak Out for Life on Earth, sous la direction de Leonie Caldecott et Stephanie Leland, Women’s Press, 1983

Exposition

A partir du mois de juin 2022