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Mimosa Echard

Née en 1986 à Alès (France)

Vit et travaille à Paris (France)

 

« Les myxomycètes apparaissent comme des formes de vie robustes, mystérieuses et indifférentes, dont la familiarité avec le passé et le futur leur permet de s’accommoder aussi bien de la décomposition de nos structures sociales que de celle de l’environnement ; et de rêver, dans une forme confuse et gluante, les formes prises par la technologie. »
– Mimosa Echard, 2020

 

Tales from the Plasmodium Network fait suite à une résidence de Mimosa Echard à la Villa Kujoyama (Kyoto) en 2019. Ce projet inédit s’organise autour des champignons et des myxomycètes – des organismes étranges, uniques par la place qu’ils occupent à la fois dans les sciences de la vie et dans une série d’imaginaires écologiques, futuristes et post-apocalyptiques. Il s’agit pour l’artiste de s’interroger sur les relations particulières qu’ils suggèrent des rapports de l’être humain, de la nature et de l’environnement. Elle se propose de réaliser un jeu vidéo qui serait la matrice de l’ensemble de l’exposition. La construction de ce jeu vidéo se fera à travers les myxomycètes, qui ont la particularité de fonctionner par analogie, comme un ordinateur. Avec la développeuse Andréa Sardin, Mimosa Echard travaille à un système d’algorithmes pour rendre sensible cette proximité, ainsi que la nature collaborative et multi-espèces du projet. Le jeu vidéo se déroulera comme une promenade interactive et sera entrecoupé de scènes cinématiques. Il apparait ici comme un potentiel espace d’émancipation et de déconstruction du genre. À travers les myxomycètes, il s’agira donc d’aborder le jeu vidéo au-delà du genre et comment il peut permettre à chacun.e d’incarner des formes d’existences différentes, jusqu’à l’enchevêtrement : « la pratique de Mimosa Echard est extatique et diluvienne : les corps se liquéfient, se rassemblent, et, en se faisant plaisir, déferlent sur un monde dont les normes oppressives s’obstinent dans la reproduction incessante du même mensonge.1 »

Dans son travail, Mimosa Echard effectue un travail de collecte et de glanage, tant de matériaux naturels (fleurs, plantes médicinales, insectes, toiles d’araignée…) que d’éléments manufacturés (bijoux, vêtements, médicaments, objets personnels…). Elle les réunit pour les faire dialoguer, procédant par contamination, associant le vivant et le non-vivant en un rapport hédonique, explorant ainsi les stades intermédiaires entre mondes naturel et artificiel. Sa pratique, entre pop culture et matérialité terreuse, parcourt une large diversité de procédés et de médiums. Les créations qui en résultent suggèrent à la fois leur propre destruction et leur retour vers un stade d’évolution antérieur ; ils retracent une forme d'archéologie potentiellement futuriste, non linéaire et protéiforme. En effet, « Mimosa Echard est une biologiste débridée. Ou plutôt, une sorcière ; entendu comme une figure politique, féministe, écologiste, réfutant le système capitaliste, la domination des corps et de la nature.2 »

Cette exposition personnelle de Mimosa Echard, la première de cette envergure depuis le début de sa carrière, s’inscrit dans une collaboration au long cours avec le Palais de Tokyo : suite à une première exposition personnelle dans le cadre des Modules Pierre Bergé – Yves Saint Laurent (2013), elle a participé aux expositions collectives « Le rêve des formes » (2016) et « Futur, ancien, fugitif » (2019, avec le fanzine collectif Turpentine).

 

Commissaire : Daria de Beauvais

 

 

1 Romain Noël, « Pop Love Apocalypse - Rencontres avec Mimosa Echard », Klima, octobre 2019, p.203

2 Julie Ackermann, « Mimosa Echard, la sorcellerie du vivant », Beaux-arts Magazine, janvier 2018

Exposition

A partir de juin 2022