Vous êtes ici

Jonathan Jones sans titre (territoire originel)

« Je suis curieux de la manière dont nous nous accommodons de ces objets qui furent recueillis et qui sont désormais perdus, comment ils peuvent se transformer en nouvelles formes de dialogue, outils de réciprocité et de restitution dans le cadre de la décolonisation. » – Jonathan Jones

 

Né en 1978 à Sydney (Australie) où il vit et travaille

sans titre (territoire originel), projet inédit de Jonathan Jones, s’intéresse au transport colonial, au commerce et à l’acclimatation des plantes, animaux et objets indigènes, ainsi qu’aux connaissances autochtones qui leur sont associées. Son point de départ est l’expédition française du Capitaine Nicolas Baudin en territoire austral au tout début du 19ème siècle. Commanditée par Napoléon Bonaparte, elle fut l’une des plus grandes expéditions scientifiques jamais entreprises en Australie et permit de rapporter en France de nombreux artefacts et éléments vivants.

L’exposition utilise différentes formes pour déployer cette histoire complexe, l’artiste imaginant ses œuvres comme un processus de traduction. 300 plantes, conservées à l’Herbier National à Paris, sont reproduites en broderies réalisées à la main par des communautés à Sydney. Des sculptures, faites de matériaux traditionnels autochtones et de portraits d’aborigènes, sont présentées sur les murs. Un paysage sonore – inspiré par un corroboree (cérémonie aborigène australienne) tel que retranscrit lors de l’expédition – est diffusé dans l’espace, tandis qu’une vidéo fait le récit du projet et de son contexte. Chaque corpus d’œuvres met en évidence la manière dont l’interprétation et la compréhension d’autres cultures peuvent être modifiées par la communication et l’échange ; l’artiste ayant effectué un long travail de recherche tant en Australie qu’en France, entre autres au Museum national d’Histoire naturelle et au Château de Malmaison.

Jonathan Jones est membre des nations Wiradjuri et Kamilaroi du sud-est de l'Australie. Il travaille différents médiums, créant des installations in situ pour chaque contexte dans lequel il intervient, explorant les pratiques, relations et idées autochtones. Sa pratique est souvent collaborative et cherche à réunir différentes communautés. Le concept sous-jacent de son travail est le processus de cartographie ou de traçage, ainsi que la représentation parallèle du traditionnel et du contemporain via les connexions entre les usages historiques et actuels de sites et architectures spécifiques. L’artiste explore les relations entre la communauté et l'individu, le public et le privé, le passé et le présent.

L’exposition de Jonathan Jones sans titre (territoire originel), sa première en Europe, sera présentée ultérieurement au centre d’art contemporain Artspace à Sydney et fera alors l’objet d’une publication. Cette exposition s’inscrit dans le cadre d’une recherche plus générale du Palais de Tokyo sur la scène artistique australienne. Mel O’Callaghan (2017) et Angelica Mesiti (2019) ont ainsi bénéficié d’une exposition personnelle, après avoir participé au festival de performance Do Disturb. Des invitations ont également été faites dans le cadre d’expositions collectives et de performances (David Griggs et Justin Shoulder dans « Prince·sse·s des villes » ou Madison Bycroft dans « Futur, ancien, fugitif » en 2019) ou de projets hors-les-murs (Mel O’Callaghan, Nuit Blanche, 2016 ; Dale Harding, 15e Biennale de Lyon, 2019). L’exposition collective, programme public et publication « Réclamer la terre », prévue au printemps 2022, est organisée en collaboration avec plusieurs chercheur·ses et artistes australien·ne·s.

 

Commissaires : Daria de Beauvais, Alexie Glass-Kantor, Michelle Newton

 

Exposition réalisée en partenariat avec Artspace (Sydney)

Dans le cadre d’Australia now France 2021-2022, une initiative du gouvernement australien célébrant l'excellence créative, la diversité et l'innovation australiennes

Ce projet est soutenu par le gouvernement australien au moyen de l’Australia Council, ses fonds de soutien à la création artistique et son organe consultatif ; par le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud via Create NSW ; par le gouvernement australien via le programme de subventions pour la diplomatie culturelle australienne du ministère des Affaires étrangères et du commerce

Il est également soutenu par la ville de Sydney et par la Copyright Agency

Les broderies de ce projet sont réalisées en proche collaboration avec les groupes de broderie féminins associés à Information + Cultural Exchange (I.C.E.) et avec le Adorned Collective

Ce projet est soutenu par le Jumbunna Institute for Indigenous Education and Research, University of Technology Sydney

Il s’est appuyé sur les connaissances culturelles et les conseils de Aunty Julie Freeman

Les recherches préliminaires de l’artiste en France ont été soutenues par Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette

 

Avec le soutien de :

Exposition

Du 26/11/2021 au 20/02/2022