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Angelica Mesiti Quand faire c'est dire

Certains énoncés sont en eux-mêmes l’acte qu’ils désignent. Le philosophe du langage J.L. Austin les nomme « performatifs » lors d’une série de conférences dans les années 1950 – publiées de manière posthume avec le titre français « Quand dire c’est faire » – et bouleverse ainsi la linguistique en y ouvrant un champ nouveau, celui de la théorie des actes de langage. Angelica Mesiti quant à elle, développe depuis plusieurs années une recherche sur la communication non-verbale. Ses ambitieuses installations vidéo, à la fois le fruit de longues recherches et de rencontres fortuites, explorent les potentialités du langage qui, en-dehors de la parole ou de l’écriture, sont au revers de toute formulation explicite mais n’en restent pas moins des modes de communication possibles.

C’est ainsi que son exposition personnelle au Palais de Tokyo, la première dans une institution française, s’intitule « Quand faire c’est dire », retournement symbolique de cet énoncé performatif. Couvrant la période 2012- 2017, l’exposition met en avant une sélection d’oeuvres iconiques d’Angelica Mesiti, pour la plupart jamais montrées en France. Se déployant avec une nouvelle ampleur dans les 1000m² de la Galerie Seine, ses installations vidéo créent un parcours immersif, de plus en plus expérimental au fur et à mesure de la visite, et nécessitant une participation active du visiteur.

Qu’il s’agisse de documenter des performances musicales en provenance de contrées lointaines mais réalisées loin de leur contexte d’origine, de mettre en scène une chorale en langue des signes, ou encore d’adapter un message codé en Morse par le biais de la musique, de la chorégraphie et de la sculpture, Angelica Mesiti crée de nouveaux langages à partir de systèmes existants. L’artiste s’intéresse aux questions de traduction, à travers le son ou le corps, de phénomènes culturels divers. Dans toutes ses oeuvres, elle met en lumière la grâce et l’inventivité du quotidien, tout en soulignant la portée sociale et politique de la performance et de la musique.

 

Commissaire : Daria de Beauvais

Exposition

Du 20/02/2019 au 12/05/2019

À découvrir de midi à minuit, tous les jours sauf le mardi

#AngelicaMesiti

 

« Je m’intéresse au rôle social de la performance et de la musique, à la manière dont elles peuvent créer du lien dans des structures collectives. Les performances que je documente ne sont pas des actions ouvertement politiques, mais elles peuvent être des outils puissants pour conserver ou traduire des connexions culturelles. »

Angelica Mesiti

Angelica Mesiti est née en 1976 à Sydney, elle y a été diplômée d’un Masters of Fine Art de l’University of New South Wales. Elle vit aujourd’hui entre Sydney et Paris. L’artiste pratique la vidéo, l’installation et la performance. À l’occasion de sa première exposition personnelle dans une institution française, elle propose une sélection emblématique d’installations vidéo qui seront montrées avec une nouvelle ampleur. Elle a précédemment présenté son travail au Palais de Tokyo, en 2018 à l’occasion du festival Do Disturb et en 2016 dans le cadre du festival Chantiers d’Europe.

L’artiste a été sélectionnée pour représenter l’Australie à la 58e Biennale de Venise (2019). Elle a récemment bénéficié d’expositions personnelles à l’Art Sonje Centre (Séoul, 2018), à la Kunsthale Tbilisi (Tbilissi, 2018), à Artspace (Sydney, 2017) et à la National Gallery of Australia (Canberra, 2017), entre autres. Elle a participé aux biennales d’Adélaïde (2018), Sydney (2014), Istanbul et Sharjah (2013). Ses oeuvres ont été acquises par de nombreuses collections, notamment : Fondation Kadist (Paris, San Francisco), Fond Régional d’Art Contemporain Franche-Comté (Besançon), Auckland Art Gallery Toi o Tamaki (Auckland), QAGOMA (Brisbane), Museum of Contemporary Art (Sydney). L’artiste est représentée par la Galerie Allen (Paris) et par Anna Schwartz Gallery (Melbourne).

Un livre monographique édité par le Palais de Tokyo accompagnera cette exposition. Bilingue français/anglais, cet ouvrage comprendra une riche iconographie, intégrant notamment des vues de l’exposition au Palais de Tokyo, un essai inédit de Mathilde Roman, ainsi qu’un entretien entre Angelica Mesiti et Daria de Beauvais.