Candice Breitz, "All Cut Up "

Candice Breitz, Soliloquy Trilogy (Clint), 1971-2000

Génération postproduction
Le travail de Candice Breitz, représentatif de la génération de la postproduction qui pratique le piratage et le sampling, consiste à réactiver des images prélevées dans la chaîne des médias. De tous les artistes issus de cette mouvance, elle est certainement la plus incisive et la plus brutale. Elle met en boucle ou en série, répète ou ralentit ces icônes de consommation courante que sont devenus les acteurs de cinéma ou les stars des soap operas, comme un DJ recréant son propre morceau à partir de samples.

Candice Breitz, Soliloquy Trilogy (Jack), 1987-2000 et Soliloquy Trilogy (Sharon), 1992-2000

Culture populaire et mass média

Candice Breitz perturbe les conventions visuelles en mêlant culture populaire et mass média. Par la réappropriation des images ou du langage, elle élargit son discours personnel à une dimension universelle. Le titre de son exposition, "All Cut Up", est une référence au cut-up, technique d’écriture inventée par l’écrivain et peintre Brion Gysin dans les années 1950, mais utilisée avant cela de manière expérimentale par le mouvement Dada (en particulier par Tristan Tzara). À l’été 1959, Brion Gysin découpe des articles de journaux et les réarrange pour en faire un poème de sa composition. Cette technique du collage, très utilisée dans les arts plastiques, est à l’origine du travail de Candice Breitz : toutes ses créations passent par un copier-coller vidéo au montage soigneux.

Candice Breitz, Soliloquy Trilogy (Clint), 1971-2000 et Soliloquy Trilogy (Sharon), 1992-2000

"Dallas" et "Basic Instinct"

L’artiste offre ainsi une interprétation critique des codes de la culture de masse, qu’il s’agisse de la série télévisée "Dallas" ou du film "Basic Instinct". Au Palais de Tokyo, Candice Breitz présente deux œuvres, les installations vidéo "Soliloquy Trilogy" et "Diorama", qui convoquent des icônes du cinéma et de la télévision : Clint Eastwood, Sharon Stone et Jack Nicholson, soliloquent en boucle et entrechoquent violement leurs discours et la série "Dallas" est soumise à un traitement radical qui montre que les images les plus familières peuvent cacher des surprises inattendues...

Candice Breitz, Soliloquy Trilogy (Jack), 1987-2000 et Soliloquy Trilogy (Clint), 1971-2000

Candice Breitz, metteur en scène

Candice Breitz se considère elle-même comme "un symptôme de notre époque" et définit son travail comme une "lingua franca" compréhensible par tous et partout. Ses sujets sont les personnages auxquels chacun de nous a accès, chanteurs pop sur MTV, séries télévisées formatées, films hollywoodiens grand public… Cependant, elle en élimine toute narration pour ne garder que l’instant précis qui l’intéresse. Chaque comédien est suspendu à cet instant, une même scène pouvant se répéter en boucle indéfiniment, suivant sans le savoir les directives de ce nouveau metteur en scène qu’est Candice Breitz.

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Commissariat
Commissariat général : Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans
Commissaire de l'exposition : Daria Joubert
assisté de Pauline Guélaud

Partenaire de l'exposition
L'exposition "All Cut Up" bénéficie du soutien de l'Association des Amis du Palais de Tokyo

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> Exposition du 14 avril au 12 juin 2005