Vivre dangereusement... jusqu'au bout
revue-livre, 224 pages
, 04/2011
Placé sous la direction de l'artiste Benoît Maire, ce projet éditorial est consacré aux rapports multiples entre cinéma et arts plastiques dans une perspective résolument interdisciplinaire qui pourrait s'apparenter à une approche post-conceptuelle. Faisant appel pour l'essentiel à des critiques d'art et des artistes, cet ouvrage décline les possibilités d'écriture autour du médium et de ses déplacements continuels, notamment dans l'espace d'exposition. Du récit subjectif de Florence Ostende sur son parcours des salles de musée, au flip book d'Ariane Michel qui ponctue de manière régulière le livre, en passant par les digressions écrites et visuelles de Hugues Decointet au sujet du Blanche Neige de Joao Cesar Monteiro d'après la pièce de Robert Walser, la réflexivité n'est plus affaire de conscience de soi et d'autonomie, mais au contraire de décalages et de chevauchements. Le cinéma est partout dans cet ouvrage, placé sous le sceau de l'impureté, c'est-à-dire sous l'égide de l'hybridation, des fragments, et de la discontinuité. Sur le mode de la réappropriation, les références se multiplient comme autant de pistes possibles à explorer, comme autant de perspectives de biais. Sorte de mode d'emploi paradoxal, Vivre dangereusement… jusqu'au bout emprunte d'ailleurs son titre à une affiche visible dans un plan du film À bout de souffle de Jean-Luc Godard et permet encore une fois de démonter la machinerie cinéma, de la mettre sans dessus dessous.










