LA S.A.P.E.
«Ô Dieu de la S.A.P.E. […], Pardonne à tous ceux qui ne savent pas s’habiller […], tous ceux qui ne savent pas distinguer les couleurs […]». Extraites d’une prière de la S.A.P.E ( Société des Ambianceurs et Personnes Élégantes), ces paroles sont celles d’un mouvement né dans les années 1960 à Brazzaville (République du Congo), qui s’est depuis répandu dans des foyers tels que Kinshasa (République démocratique du Congo) et Paris.

Comment réinventer son identité, comment sublimer l’existence, et défier la norme ? Communauté protéiforme et complexe, la S.A.P.E. fait de ses adeptes des fidèles dévoués à l’art vestimentaire. La S.A.P.E. unit ses membres au travers de divinités, de rituels, de croyances et, d’une science, la «Sapologie», dont les finalités sont d’ériger le vêtement au rang de langage et d’œuvre à part entière.
L’art de la S.A.P.E. est avant tout lié à l’éloquence et à la véhémence du sapeur, un fidèle au service des dieux, dont la mission est d’exceller dans une performance où chacun de ses vêtements «parle» et se fait le signe d’une identité magnifiée.