LASCO PROJECT #3 Cleon Peterson, Horfé & Ken Sortais, Evol, Cokney, Lek&Sowat, Mode 2, Vhils et Futura 2000


Fermeture exceptionnelle du 18 au 20 août

Modalités d’accès :

Visite tous les mercredis, samedis et dimanches à 12h30 (avec un médiateur)
> Sur présentation d’un billet d'entrée. Durée : 30 min.

Visites "Palais Secret" tous les jours (sauf le mardi) à 21h, sous réserve de l’accessibilité aux zones
> Tarif : 2€ en plus du billet d’entrée. Durée : 1h30.(attention : la visite n’est pas dédiée à ces espaces uniquement)

Ces expositions situées dans les espaces sous terrain du bâtiment ne sont pas accessibles aux visiteurs à mobilité réduite, veuillez-nous en excuser.


Pour la première fois, l’évolution du Lasco Project permet de découvrir de nouvelles parties des espaces souterrains du Palais de Tokyo, et permet de constituer un des plus étranges espaces d’exposition dédié aux arts urbains dans une institution, révélant les interventions de grands talents internationaux. Violence urbaine, démons intérieurs, tensions sociales, charge politique des murs et dialogue entre les générations sont au cœur de ce cycle du Lasco Project pour  lequel dix artistes ont été invités à infiltrer de manière radicale les espaces du Palais de Tokyo.

Elevé dans des milieux marginaux, réputé pour son ancien travail d’illustrateur dans l’industrie du skateboard, Cleon Peterson (né en 1973, vit et travaille à Los Angeles) crée un eldorado où désordre et pulsions inavouables se donnent libre cours, libérés de la morale et de la justice. Homeless, policiers, bourgeois et crackmen anonymes s’affrontent dans des rixes collectives inégales, distribuent des coups de couteaux et provoquent des gang-bangs non consentants. Cleon Peterson dépeint un fantasme graphique épuré poussant au paroxysme la tension qui se joue au quotidien dans des territoires de misère et d’ultra-violence urbaine.

Horfé et Ken Sortais (nés en 1983, vivent et travaillent à Paris) ont secoué la scène du graffiti européen avec des peintures influencées par l’héritage des cultures underground et populaires (comics, cartoons,  tatouage…). Diplômés des Beaux-Arts de Paris, Horfé et Ken Sortais ont développé un travail d’atelier présenté en galeries et institutions, tout en restant très actifs dans la rue, multipliant leurs peintures illégales dans l’espace public avec leur collectif PAL (Peace And Love). Ken Sortais a été exposé une première fois au Palais de Tokyo en 2011 après avoir été récompensé par le Prix du Salon de Montrouge. Pour leur intervention au Palais de Tokyo, le duo s’est inspiré du manga underground japonais « Violence Jack » créé en 1973 par Go Nagai, où héros, résistants, victimes et survivants devenus bourreaux s’affrontent  dans une ambiance violence urbaine post-apocalypse.

Répétition de fenêtres noires, de balcons, d’ombres, de paraboles, jeux d’échelle, système D, errance urbaine : Evol (né en 1972, vit et travaille à Berlin) détourne l’espace public avec ses pochoirs de HLM miniaturisés, plaçant la périphérie et les invisibles au cœur de la ville et des institutions. En 2010, son travail d’installation a été récompensé par le Prix Arte / Slick. Ses façades en ruine disséminées ciblent la faillite d’une utopie architecturale et politique.

Arrêté en 2012 par la brigade anti-tag après une longue enquête, Cokney (né en 1985, vit et travaille à Paris) a été jugé en première instance et condamné à plus de 200.000 euros d’amendes pour ses peintures sur trains et métros, décision judiciaire dont il a fait appel. Cette arrestation médiatisée au Journal télévisé de TF1 a permis à l’artiste de pouvoir assumer et revendiquer sa démarche et son travail de peinture en sortant de la clandestinité. Egalement réputé dans le milieu du tatouage, Cokney est passé par le salon de Seen (NYC) avant de s’installer chez Hand in Glove (Paris).  Cokney présente au Palais de Tokyo une installation qui confronte peinture, devis, plaintes et éléments d’enquête, considérant que les archives policières et la lecture judiciaire de son travail sont une œuvre à part entière.

Issu du graffiti sur trains, Alexandre Farto ‘Vhils’ (né en 1987, vit et travaille à Lisbonne) utilise la destruction comme arme de création. Les murs en ruine du Portugal marqués par la Révolution des Oeillets de 1974 ont progressivement été recouverts d’affiches publicitaires et de graffitis, alors Vhils – diplômé de la Central Saint Martins College of Art and Design (Londres) – s’est imposé avec sa série « Scratching the Surface », gravant dans les murs des visages anonymes au burin, à l’explosif ou au marteau piqueur. Vhils dissèque alors les murs comme autant de palimpsestes urbains témoins de l’histoire du monde.  Depuis son œuvre réalisée aux cotés de Banksy lors du « Cans Festival » et publiée en Une du New York Times, Vhils a collaboré avec plusieurs artistes majeurs de la scène urbaine, et été présenté dans plusieurs expositions d’envergure. 

Peintre historique des années 1980, Futura 2000 (né en 1955, vit et travaille à New York) a révolutionné les canons du graffiti américain en s’émancipant du travail classique de la lettre pour aller vers de l’abstraction. Membre des UGA (United Graffiti Artists), Futura 2000 a été l’un des premiers artistes urbain à passer en atelier. Très impliqué dans le développement de la musique Hip Hop, l’artiste a également accompagné en peinture une tournée de The Clash en 1981, groupe mythique avec lequel il a enregistré The Escapades of Futura 2000. Son travail sur toile a été exposé dans les plus prestigieuses galeries et institutions internationales (Fun Gallery, galerie Yvon Lambert, Galerie du Jour / agnès b. , PS1, etc.), aux cotés de Jean Michel Basquiat, Keith Haring, Andy Warhol, Rammellzee, Dondi White ou encore Kenny Scharf.  Avec sa participation au Lasco Project, Futura 2000 crée un dialogue avec les nouvelles générations qui partagent la même volonté de faire entrer la rue dans l’histoire de l’art.

Lek et Sowat révèlent le dernier acte de leur projet initié en décembre 2012 : une trappe secrète sous le Palais de Tokyo qui ne sera jamais ouverte au public mais révélée uniquement à travers un film et des archives photographiques. Le lettrage en one-line « Underground doesn't exist anymore » exécuté par Mode 2 est encadré par les lacérations graphiques de Lek et Sowat et les abstractions de Futura 2000. Une rencontre entre le passé (grotte de Lascaux, temples égyptiens, old school du graffiti) et le présent (les trappes de métros, les friches industrielles, la nouvelle génération du graffiti), dans un territoire étroit plongé dans l'obscurité, où la peinture entre en résonance avec  l'architecture, le secret, l'ombre, le bruit et la violence d'une tempête qui s'échappe d'un conduit d'aération et donne un souffle nouveau au Palais de Tokyo.


LASCO PROJECT DEPUIS 2012

Dès 2012, les expériences initiatrices des « Entrailles du Palais » puis de « Terrains Vagues » et du film Tracés Directs mises en œuvres par les artistes Lek et Sowat et le curator Hugo Vitrani, ont permis à plus de quarante artistes renommés de la scène française (parmi lesquels Azyle, Dem189, Dran, Jay One, O’Clock, Skki, André ou encore Jacques Villeglé) de souligner la dramaturgie naturelle des espaces interstitiels laissés bruts du Palais de Tokyo, en transposant de manière vivante leur pratique, créant une cohabitation des égos et des styles inédite dans un centre d’art. En juillet 2013, Larry Clark a tourné dans ces espaces plusieurs scènes de son film The Smell of Us.

L’intervention en novembre 2013 de Boris Tellegen, dit Delta, a ouvert la voie à un volet monographique, international et intergénérationnel qui se poursuit dès le mois de juin 2014, avec la présence de Cleon Peterson, Horfé et Ken Sortais, Evol, Cokney, Vhils et Futura 2000.

Commissaire : Hugo Vitrani