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Marianne Mispelaëre On vit qu'il n'y avait plus rien à voir

Lauréate du grand prix du 62e Salon de Montrouge

Marianne Mispelaëre observe, elle produit et reproduit des gestes concis, simples et précis, inspirés de phénomènes actuels et sociétaux. À travers le dessin, ce sont ses composants qu’elle manipule : l’énergie, le geste, le support et les signes. Ils s’appréhendent de l’échelle de la feuille de papier à celle de l’espace mural, de la vidéo à la performance. « Avec pour socle l’histoire, pour horizon un futur collectif », son travail dévoile une vision sensible et vibrante du monde. Marianne Mispelaëre observe et révèle par des gestes mesurés « la porosité entre l’acte et son environnement », entre l’apparition et l’effacement.

Pour son exposition au Palais de Tokyo, Marianne Mispelaëre s’intéresse aux monuments fantômes qui peuplent, par leur absence, le paysage. Détruits pour des raisons idéologiques, ces architectures et ces éléments sculpturaux laissent dans le tissu urbain une silhouette en creux, un vide manifestant leur amputation. « On vit qu’il n’y avait plus rien à voir », témoigne un journaliste invité par les talibans à constater la destruction des sculptures monumentales de Bâmiyân en Afghanistan. Puisant dans l’histoire contemporaine, Marianne Mispelaëre explore la question de l’absence, comme incarnation exacerbée du disparu, et celle du regard à l’échelle du monde et du riverain.

Commissaire : Adélaïde Blanc

 

Cette exposition bénéficie du soutien de la ville de Montrouge et du Salon de Montrouge

Exposition

Du 16/02/2018 au 13/05/2018

À découvrir de midi à minuit, tous les jours sauf le mardi

#MarianneMispelaëre

« Ce qui est présent sous nos yeux est toujours incomplet. Si j’emprunte des codes visuels qui ont plutôt trait à l’invisible, c’est que je crois à ce qu’on lit au-delà de ce qu’on voit. » Marianne Mispelaëre

Marianne Mispelaëre

Marianne Mispelaëre est née à Bourgoin-Jallieu en 1988, elle vit à Paris.

Avec pour principal champ d’action le dessin, elle questionne les relations sociales, le langage et les systèmes de communication, le rôle du lisible et de l’invisible dans nos sociétés, la porosité entre l’acte isolé et son environnement. Comment s’inscrire de façon collective dans l’ici et maintenant, entrer en relation avec l’autre, susciter une action, donner l’impulsion ? Le processus de recherche de Marianne Mispelaëre se concentre sur les moyens de l’apparition, ses enjeux et ses conséquences, et par ricochet les disparitions, les effacements, les aveuglements, les silences.

Son travail a été montré en France et à l’étranger ; elle a été nominée au Kunstpreis Robert Schuman (Trèves, Allemagne, 2015) au Edward Steichen Award (Luxembourg, 2017) et au Prix AWARE (Paris, 2018). Marianne Mispelaëre est lauréate du prix de la Ville de Grenoble - Le Magasin CNAC (2016) et a obtenu le Grand Prix du Salon de Montrouge 2017. En 2013, elle a cofondé la maison d’édition Pétrole Éditions qui publie notamment la « transrevue » TALWEG. Elle est diplômée de l’ÉSAL-Épinal (2009) et de la HEAR-Strasbourg (2012).