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LASCO PROJECT #4 Craig Costello

Pour la quatrième session du LASCO PROJECT, Craig Costello (né en 1971, vit à Brooklyn) déploie sur les arches du Palais de Tokyo ses peintures verticales monumentales pulvérisées avec des extincteurs détournés de leur usage, autant de paysages abstraits et nuageux qui se figent dans un mouvement entre violence et fragilité, la technique radicale employée n’offrant pas de seconde chance.

Commissaire : Hugo Vitrani

Le programme d’arts urbains du Palais de Tokyo

Initié en 2012, le LASCO PROJECT révèle, dans les méandres souterrains du bâtiment du Palais de Tokyo, l’un des plus étonnants parcours d’art urbain dans un lieu culturel. Près d’une soixantaine d’artistes internationaux qui inscrivent la rue dans l’histoire de l’art ont ainsi réalisé des interventions, pour certaines monumentales, pour d’autres secrètes, qui se confrontent à l’architecture brute du Palais de Tokyo et qui infiltrent ses espaces interstitiels (couloirs, escaliers, passages) sur près d’1 kilomètre.

 

Exposition

Du 29/05/2015 au 11/09/2016

Visites gratuites : les mercredis, samedis et dimanches à 12 h & tous les jours (sauf le mardi) à
22 h.

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Accès sur présentation du billet d’entrée.

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Durée : 30 min

 

« Renouvelant sans cesse le rapport à l’institution et accordant une place de choix à l’infiltration de l’espace public, à son exploration, à son détournement, les arts urbains se situent au plus près de la façon dont on envisage l’art au Palais de Tokyo : il s’étend, s’infiltre, gêne parfois jusqu’à devenir territoire. Notre mission est de créer de la perméabilité dans ce territoire pour qu’il vienne enrichir de manière substantielle l’écosystème de l’art. »

Jean de Loisy, Président du Palais de Tokyo

Craig Costello

Enfant du skateboard, du punk rock, du graffiti et du hip hop des années 1980, Craig Costello a fait ses armes dans la rue sous le pseudonyme KR. Ses lettrages minimalistes pouvaient être déchiffrés de loin, ses tags argentés étaient saturés de coulures obtenues grâce à une encre liquide qu’il élaborait lui-même. Dans les années 1990, Craig Costello était au coeur de la scène de la côte ouest américaine. Etudiant au San Francisco Art Institute et spécialisé en photographie, il documentait en noir et blanc, au NIKON F2, ses virées nocturnes pendant lesquelles il peignait illégalement dans la rue avec son complice Barry McGee, autant de précieux témoignages d’une scène artistique alternative venue bousculer les codes classiques du graffiti. De retour à New York en 1998, Craig Costello peint de nombreux toits avec Steve « Espo » Powers tout en développant son encre désormais appelée « Krink » (pour « KR Ink »). D’abord vendue sous le manteau puis dans le concept store Alife, l’encre et l’esthétique coulante Krink est alors popularisée à l’international par les artistes du groupe Irak (« je vole », en slang, argot des ghettos) dont les membres - de Earsnot à Dash Snow (Sacer) en passant par Guess, Aaron Bondaroff ou Ryan McGinley - étaient connus comme étant les enfants terribles du Lower East Side. En parallèle, Craig Costello continue de peindre dans la rue : il éradique les lettres de son tag pour en garder les coulures, comme une pluie foudroyante qu’il décline sur des portes et des boîtes aux lettres courbées, autant d’éléments de l’espace public que l’artiste envisage comme des toiles et des sculptures.