En 2010, le Module hors les murs investit la façade et le vestibule du Palais de Tokyo avec notamment, chaque mois, une nouvelle projection vidéo sur une fenêtre du bâtiment.
C’est à cette occasion que Luc Kheradmand, actuellement en cinquième année à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy, présente deux installations vidéo, Postvsnow III et Land.
Passionné par l’univers technologique, il est parallèlement à son activité artistique actif dans le monde des musiques dites “nouvelles” telles que musique expérimentale ou musique électronique. Au cœur de sa proposition, Postvsnow III, un écran plasma ne présentant apparemment d’autre image que celle d’une neige cathodique sur fond noir.
Phénomène visuel - propre à l’absence de « signal » - révolu depuis l’apparition des écrans plasma, cette aberration technologique vient reconstituer en image de synthèse l’image archaïque d’un irréel présent. En faisant sourdre progressivement au sein de l’obscurité enneigée l’image d’un galet qu’il a modélisé en 3D, l’artiste achève de convoquer des signes de natures différentes. Afin, peut-être, de nous indiquer que l’innovation formelle et la perception visuelle se conjuguent aux données technologiques contemporaines. Ou encore, par la confrontation d’hier et d’aujourd’hui, ou par l’évocation de l’après et d’un maintenant - post versus now - de s’inscrire dans une faille temporelle que serait le point de rencontre de tous les instants.