Au Palais de Tokyo, Roman Signer propose trois installations. Un véritable ensemble bouleversant les usages et les logiques établis : Parapluies, 2008 Table flottante, 2005 Chaises, 2007
Les travaux de Roman Signer fonctionnent à l’inverse d’une bombe à retardement. La tension ne précède pas la détonation, elle lui succède. La fumée se dissipe, le spectacle semble fini... S’insinue alors, dans l’esprit du spectateur, un doute, une incertitude. Derrière la fumée, derrière l’image donnée paraissent se dessiner des zones instables où la notion de temps se dilate à l’infini, où le réel se réduit en termes de possibilités. Concrètement, derrière l’image, il n’y a rien, strictement rien. Et c’est dans ce rien que tout se joue, dans ce rien que Roman Signer laisse entrevoir des réponses qui ne sont qu’au bout de la langue.
Depuis 1973, Roman Signer conçoit une œuvre combinant sculpture, performance, photographie et documentation filmique. Depuis, il n’a de cesse de révéler les forces de la nature, les forces tranquilles comme la gravitation, employant des objets quotidiens existants. Utilisant des explosifs, des hélicoptères ou des triporteurs, Signer explore la quatrième dimension, le temps. Véritable « sculpture temps » chaque œuvre est un épisode de maîtrise et de libération d’énergie.